Je fus déranger dans ma réflexion par Uruha. Il est mon meilleur ami. On se connaît depuis aussi longtemps que tous les autres mais le courant passe encore mieux qu'avec ces deniers.
Uruha : Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? T'as perdu ta langue ?
En temps normal, j'aurai souri mais là, la situation est telle que je ne réagis pas. Je n'arrive toujours pas à croire ce qu'on m'a dit, ce que j'ai vu. Je ne peux pas l'admettre. Quand je vais rentrer ce soir, elle sera toujours là, elle n'a pas pu me laisser. C'est impossible.
Uruha : Hey oh, tu m'entends ?
Je me mets à marcher plus vite. Peut-être qu'en fuyant je laisserai mes pensées, mes souvenirs derrière moi. Que ce ne sera qu'un mauvais rêve.
Uruha : Attends-moi ! J'ai mal au pied !
Il a toujours le mot pour faire rire. Cependant ça ne marche pas à tous les coups. Je continue à marcher en me dirigeant vers chez Ses parents. Je veux être persuadé qu'elle est toujours là. Qu'il ne lui est rien arrivé.
Uruha : J'suis sûr qu'il s'est passé quelque chose avec Hana.
Son prénom. Je m'arrête d'un coup. Uruha me lance un regard mi-interrogatif mi-victorieux auquel je ne prête pas attention. La dernière fois que j'ai entendu son nom par une autre personne que moi, c'était hier. A présent... A présent, c'est fini. Je viens d'en prendre conscience. C'est fini. Jamais plus je ne pourrai l'embrasser. Jamais plus je ne pourrais la faire sourire, lui faire plaisir, l'admirer, l'entendre. Je regarde Uruha dans les yeux quelques secondes puis quelques larmes s'aventurent sur mes joues. Il me fait asseoir sur un banc puis tente de me réconforter. Je me repris rapidement puis sécha mes larmes.
Uruha : Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Moi : ...Elle... Elle est... Morte. Hier.
Uruha : Hana ? Mais, c'est impossible !
Moi : Ses parents m'ont appelé hier soir. Je suis allé les voir à l'hôpital et elle était là. Elle est morte devant moi. Je lui ai dit 'je t'aime' et son c½ur s'est arrêté.
Uruha affichait une expression triste mais rassurante.
Uruha : T'inquiète pas, là où elle est maintenant elle est heureuse.
Moi : ... Ce soir tu fais quoi ?
Uruha : Oh rien.
Moi : Tu peux venir s'il te plaît ? A la maison. Sinon je ne tiendrai pas devant Manami.
Uruha : Elle sait ?
Moi : Non. S'il te plaît tu pourras m'aider à lui dire ? Moi seul je ne peux pas.
Uruha : D'accord, je le ferais. Tu veux que les autres viennent aussi ?
Moi : Non. Je ne veux personne à part toi. S'ils me voient pleurer je suis foutu.
Uruha : Pourquoi tu dis ça ? Tout le monde a le droit de pleurer. Tout le monde peut exprimer ses sentiments. Toi autant qu'un autre !
Moi : On m'a toujours dit le contraire.
Uruha : Ton père t'a toujours dit le contraire. Oublie-le, il est parti en abandonnant sa famille alors il ne mérite pas que tu lui obéisses encore.
Moi : Là n'est pas la question. Je ne veux pas un point c'est tout.
Uruha : Viens, il est temps d'aller chercher Manami à l'école.
Moi : Déjà ?
Uruha : Oui, il est 16 heures. J'appelle les autres pour les prévenir que je suis avec toi.
Il passe son coup de fil puis on prend Manami à l'école. Dès qu'elle me voit, elle court vers moi. Je la prends dans mes bras. Elle est mon petit ange. Ma princesse. Elle est tellement mignonne. Et dire que c'est un petit bout de chou de quatre ans qui me rattache à la vie.
Manami : Tonton Ruwa il a amené des bonbons aujourd'hui ?
Uruha : Non, mais on peut aller en chercher si tu veux.
Manami : C'est vrai ?
Uruha : Oui bien sûr.
Manami : Ouais ! Mais faut pas dire à maman. Parce que elle va manger mes bonbons sinon.
Elle fait mine de bouder à cette pensée. Si seulement elle savait.
Moi : T'inquiète pas ma chérie. Elle ne le saura pas.
On se dirige vers la voiture, je l'attache dans son siège à l'arrière puis je prends la route de la confiserie.